Martine in Paris - Promenades dans Paris
Troisième et dernier TOUR ...
De la rue Lafayette au boulevard de Belleville
Pour optimiser les déplacements, il est nécessaire de tricher un peu; nous n’allons pas nous en priver pour ce dernier tour de plateau.
A commencer par la place Pigalle, située à une quinzaine de minutes à pied de la rue Lafayette.
Si vous avez le temps et envie de visiter les petites rues de Monmartre, je vous engage à prendre la ligne de bus 40, la plus sympa de Paris, dont un arrêt se situe rue Lafayette en face de la rue Le Pelletier. Ne descendez pas au terminus Mairie du XVIIIème Jules Joffrin, restez dans le bus et attendez qu’il reparte. Au terme de cette boucle sportive pour le conducteur dans les toutes petites rues montmartroises, descendez place Pigalle.
Pour ceux qui ont décidé de marcher:
Nous arrivons sur la place complètement rénovée.
A priori, on peut se demander quelles peuvent être les motivations d’ investir dans ce quartier chaud. Cependant, l'endroit n'est plus aussi sordide grâce à sa rénovation et SoPi (South Pigalle) bien gentrifié est tout à fait convenable, avec de nombreux immeubles cossus et ateliers d'artistes.
Dix ans avant la création du Monopoly Atget a photographié le cabaret New Monico, un lieu finalement emblématique des changements de la place.
Au XIXème siècle, c’était un café, La Nouvelle Athènes, fréquenté par les impressionistes, les écrivains et les prostituées; Il a servi de cadre à Degas pour son tableau L’Absinthe. Le nom de Nouvelle Athènes rappelait celui du quartier au sud de la place Pigalle nouvellement créé au XIXème siècle et où se concentrait toute l’intelligentsia artistique et littéraire d’alors.
Dans les années cinquante, le lieu devint un célèbre club de strip-tease, le Narcisse, dont on peut voir l'enseigne apparaître dans de nombreux films noirs, comme l’excellent Du Rififi chez les hommes.
Aujourd’hui, le lieu bien sage est l’enseigne d’un magasin bio.
Puisque nous ne sommes qu’à une demi heure de la Gare du Nord, profitons–en pour nous y rendre. Comme je n’ai jamais aimé le boulevard de Rochechouart, nous allons passer par l’avenue Trudaine et la rue de Dunkerque plus agréables.
Il m’aura fallu cette promenade pour réaliser l’équilibre de l’architecture de la façade de la Gare devant laquelle je ne m’étais jamais vraiment arrêtée pour la contempler. Personne ne s’arrête, trop pressé de prendre son train ou de la quitter pour rejoindre sa destination. Il faut dire qu’il y a foule dans cette gare la plus importante d’Europe !
Le baron de Rotschild, alors propriétaire de la Compagnie de Chemin de Fer du Nord decida de faire appel à Hittorff, architecte très en vogue, pour la construction de la gare. Il est aussi connu pour avoir construit l’église Saint-Vincent-de-Paul toute proche, le cirque d’Hiver, le théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées et recentré la place de la Concorde autour de l’obélisque.
Sur sa façade monumentale, des statues de femmes symbolisent les villes. Au sommet, Paris, puis les villes européennes desservies comme Amsterdam, Bruxelles, Berlin, Londres; en dessous, les villes françaises du nord, comme par exemple Boulogne et Compiègne.
J'ai toujours à l'esprit le boulevard de Belleville; nous y allons mais par la rue de Paradis, à un quart d'heure de la gare du Nord...
Ceci offre deux occasions: D'aller voir l’église Saint-Vincent de Paul construite par l'architecte de la Gare du Nord. Et de passer par la rue de Belzunce sans voiture permettant une halte sympathique à la terrasse du bistro sous sa façade de lierre ...
De la place Napoléon-III, prendre la rue de Compiègne, traverser le boulevard de Magenta et prendre en face la rue de Belzunce.
Autrefois spécialisée dans la cristallerie et la vaisselle de table la rue a conservé quelques rares magasins qui en évoquent le souvenir avec le style de cette époque.
Au n°30, la façade est celle de l’ancien dépôt des Cristelleries de Saint-Louis puis de Baccarat transformé aujourd’hui en un ensemble de logements.
L'immeuble du 18 donne une idée du prestige des maisons qui y étaient installées au 19ème siècle. La Faïencerie de Choisy le Roi était alors renommée pour la qualité de ses mosaïques. Sa réputation lui permit d'être sollicitée pour la fabrication des fameux carreaux de faïence blanche du métro Parisien. Depuis 2022, les anciens locaux, magnifiquement décorés sont occupés par l’Albert School, business school centrée sur les métiers du numérique et de l’analyse des données.
Après le déclin de son activité dans les arts de la table, la rue et le quartier renaissent grâce au miracle moderne de la gentrification. Donc pour en revenir au Monopoly, c’est certainement une rue où il est conseillé d’investir !
En parlant de revenir au jeu, il nous faut rejoindre le boulevard de Belleville, 12 cases après la rue Lafayette et aussi beaucoup de rues …
Texte / Photos : Martine Combes
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