Martine in Paris - Promenades
La promenade précédente par la rue Saint-Jacques jusqu'à la porte d'Orléans suit la voie de Tours, la via Turonensis, récemment balisée dans Paris, dans le parc de la Villette et à partir de la Tour Saint-Jacques.
Depuis 2024, les clous coquille ont également fait leur apparition dans le 12ème arrondissement entre le Bassin de l'Arsenal et le long de l'Avenue Daumesnil. Ils balisent dans Paris la Via Senonensis ou Voie de Sens (de Paris à Vézelay par Sens). Cette promenade part de la Tour Saint-Jacques jusqu'à la porte de Charenton.
Au départ de la Tour Saint-Jacques, nous rejoignons la Seine et nous longeons le quai de Gesvres, puis de l'Hôtel de Ville. Il ne faut pas suivre les clous coquille qui balisent le chemin par l'ïle de la Cité et la rue Saint-Jacques Nous restons côté rive droite pour nous couler entre les bouquinistes et la statue équestre d'Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, qui tenait en quelque sorte le lointain rôle de Maire de Paris.
Après avoir passé le pont Louis-Philippe, je ne résiste pas à la tentation de m'engager dans la rue de L'Hôtel de Ville pour m'arrêter au Piéton de Paris, la plus parisienne des librairies. Une double récompense car la rue mène à l'Hôtel de Sens, superbe vestige du Moyen Age. Son nom rappelle celui des archevêques de Sens qui l'occupèrent quand Paris n'était qu'un évêché dépendant de l'archevêché de Sens.
La photo d'Atget, prise à l'angle de l'hôtel de Sens presque au niveau de la rue du Fauconnier montre avec une douce poésie la façade noircie par les ans de la vieille demeure seigneuriale. La vue aujourd'hui, saisissante de contraste est celle du bâtiment après sa profonde restauration terminée en 1962. A gauche de la rue étroite percée au Moyen Age, les immeubles anciens ont été remplacés en 1952 lors de la démolition massive de l'îlot insalubre n°16 touché par la tuberculose.
Tournons à droite dans la rue du Fauconnier pour rejoindre le quai des Célestins. Du temps d'Atget, l'île Saint-Louis avait une vie locale, rythmée par le travail des mariniers qui venaient s'y restaurer. Aujourd'hui, la vue sur le Pont Marie est celle d'une carte postale, élégante et lisse mais déserte et presque artificielle.
Nous passons devant l'hôtel Fieubet transformé au XIXème siècle avec une profusion d'ornements dans un esprit de baroque italo espagnol et où est installée l'école Massillon.
Nous traversons le boulevard Henri IV ouvert sur une partie des terrains de l'ancien couvent des Célestins et nous prenons en face la rue de Sully où nous longeons sur notre droite la Bibliothèque de l'Arsenal. Ancienne résidence de Sully, le bâtiment perdit sa vocation militaire et devint en 1757 une bibliothèque contenant une vaste collection encyclopédique. Elle fait partie aujourd'hui de la BnF, avec pour principal domaine la littérature française.
Prenons en face la rue Mornay afin de prendre la passerelle qui enjambe le bassin de l'Arsenal, presque insolite au coeur de Paris avec ses airs de marina. Avant d'être port de plaisance depuis 1983, il fut longtemps à l'abandon avec le déclin du canal Saint-Martin. A l'origine, le bassin fut aménagé sur les fossés de l'enceinte de Charles V pour amener l'eau de la Seine dans les douves de la prison de la Bastille.
A partir d'ici on peut voir les clous coquille qui jalonnent le chemin jusqu'à la rue de Charenton. Traversons le boulevard de la Bastille et prenons la rue Jules César. Prenons en face l'avenue Daumesnil.
Coulée Verte René Dumont / Viaduc des Arts
Plusieurs choix s'offrent au promeneur: soit de suivre au sol les nombreux clous coquille le long des arches du viaduc des Arts, soit d'emprunter la coulée verte René Dumont, petit jardin suspendu au milieu des immeubles, soit d'alterner au gré de la flânerie grâce aux escaliers et ascenseurs (quand ils fonctionnent) aménagés à divers endroits.
La promenade plantée créée en 1988, fut pour moi un ravissement: on passait alors d'un viaduc de chemin de fer noirci par la crasse et la suie, occupé au sol par de vagues garages poussiéreux à une élégante enfilade de brique et de pierre de taille mêlant ateliers d'artisans d'art et un exquis jardin en terrasse surplombant l'avenue Daumesnil.
Ainsi l'ancien trajet de la ligne de chemin de fer entre la Bastille et Marles en Brie en Seine et Marne, remplacé par le RER faisait place à la coulée verte qui s'étend jusqu'à la Petite Ceinture.
L'exquise promenade plantée donne aussi des vues plongeantes au dessus des rues, des immeubles et de leurs toits ...
L'itinéraire officiel du chemin de Compostelle rejoint la rue de Charenton. Après la coulée verte au dessus du viaduc et la passerelle André Leo au dessus des jardins de Reuilly, il faut traverser l'avenue Daumesnil et prendre en face la rue aux Enfants Bignon. Ensuite on prend à gauche la rue de Charenton jusqu'à la porte de Charenton. Pour l'avoir suivi consciencieusement, je trouve personnellement que cette partie par la rue de Charenton est plutôt triste. Je suggérerais plutôt un autre chemin, légèrement plus long mais bien plus agréable puisque au milieu des arbres et donc plus proprice à la méditation
Itinéraire bis ...
Après la passerelle qui enjambe les grandes pelouses des jardins de Reuilly, continuer par l'Allée Vivaldi. La Coulée Verte reprend, passe sous des tunnels et arrive au square Charles Péguy qui débouche sur la Petite Ceinture. Prendre la Petite Ceinture vers le sud, en direction de la Porte Dorée et de la Porte de Charenton. La Petite Ceinture s'arrête Porte de Charenton, on ne peut pas se tromper. On prend les escaliers qui rejoignent la rue des Meuniers qui mène boulevard Poniatowski. De là, les pèlerins peuvent retrouver l'itinéraire du Chemin de Compostelle.
Texte / Photos : Martine Combes
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